La Deuda Externa y los “engaña pichanga” [Esp. / Fran.]

deudaexterna(Bs. As. 28 de agosto de 2014) Cuando era niño armaba una pelota de trapo con papel de diario y medias viejas, y la envolvía con piolines para que resista las patadas. También nos divertíamos con otros juegos, entre los que estaba uno al que llamábamos el “engaña pichanga”. Cuando alguien contaba algo y dudábamos, o descubríamos que nos mentían, le decíamos que era un engaña pichanga (porque nos querían “meter el perro”). Y cuando descubríamos la mentira recibíamos un caramelo y cuando no, debíamos pagar una prenda.

El problema de la deuda externa, es un juego similar al que juegan señores de afuera y de adentro, llamados “buitres” y donde el árbitro trata de hacer jaque mate al país, mientras a los pueblos nos ubican de espectadores.

El juego del “engaña pichanga” no es nuevo en el mundo de las finanzas y la especulación. Se trata de mover las piezas y hacer creer a los países empobrecidos que son deudores de los países ricos y que los pueblos deben pagar la deuda externa y eterna bajo pena de default, embargos y toda la batería de sanciones.

Nuestro gobierno se encuentra acorralado en el juego del engaña pichanga. Al darse cuenta que ningún juez de los EEUU emitiría un fallo judicial a favor de la Argentina, abre el paraguas y dice que hay que “honrar la deuda soberana”.

Perdonen mi ignorancia pero, a qué se refieren cuando afirman que hay que honrar la “deuda soberana”: ¿Por qué el país, tiene  que pagar lo legítimo y lo ilegítimo sin investigar una deuda inmoral, injusta, manchada con la sangre del pueblo? ¿Por qué pagar una deuda que ya se pagó tantas veces? ¿Qué han hecho los gobiernos democráticos para no ceder la soberanía nacional a tribunales extranjeros y evitar este engaño?

Hace más de 30 años que organizaciones y personalidades, venimos proponiendo una auditoria sobre la deuda y es necesario referirnos a Alejandro Olmos, quien inició el juicio sobre la deuda externa y después de 18 años, el Juez Ballestero, envía su resolución al Congreso Nacional para que investiguen el daño hecho al país. Sin embargo, desde hace 14 años este fallo duerme el sueño de las complicidades, y se encuentra cajoneado en el Congreso.

La tragedia es que los gobiernos de los países endeudados, se han transformado en fieles creyentes del Dios Molok, a quien le rinden culto en sus templos haciendo el ritual del pago de la deuda eterna, con el objetivo de ser algún día merecedores del paraíso fiscal, y poder recibir nuevos créditos, para pagar los intereses de la deuda externa y asegurarse que se incremente para volver a pagarla, y recibir las indulgencias del  capitalismo que reclama más y más sacrificios.

En su angustia existencial, y como fieles creyentes, los gobernantes, ministros, políticos, y empresarios, ruegan, patalean, se rasgan las vestiduras y hacen discursos anunciando que el país está dispuesto a pagar la “deuda soberana” con el hambre del pueblo. Las consecuencias son el hambre, la mortalidad infantil, la inflación que devora todo a su paso provocando mayor pobreza, la falta de recursos para la salud, la educación y el aumento de la violencia social y estructural, agudizando la desigualdad.

El pueblo sabe que el paraíso prometido no existe, salvo para los ricos. Nos vendieron el engaña pichanga, como lo hizo el Club de París, cuyo deporte favorito es jugar  al saqueo de los países empobrecido.

Mientras el gobierno está dispuesto a negociar lo inaceptable, hay quienes desde la oposición política y económica, piensan que hay que pagar todo, sin discutir nada. Son los sumisos peones del juego del engaña pichanga, que esperan que el Juez Griesa y los buitres le den el jaque mate al país. No hay que olvidar lo ocurrido con la Fragata Libertad en Ghana, que casi la envían a pique con el embargo, una metáfora nada lejana de la realidad nacional.

Por eso debemos asumir los desafíos y no aceptar el lugar de espectadores. Debemos reclamar el pago de la deuda interna.

Los pueblos tienen capacidad de resistencia, de ser protagonistas y constructores de su propia historia, y de luchar para ser libres y soberanos. Debemos convocar a todos los sectores sociales del país, sin discriminación ideológica y política, y conformar foros en todo el país, en cada comunidad, en los sindicatos, iglesias, en las universidades y movimientos estudiantiles, organizaciones sociales culturales y políticas, para analizar y plantear alternativas al laberinto en que se metió el gobierno y no sabe cómo salir.

Es necesario auditar la deuda externa y convocar una consulta popular, y el gobierno debe sumarse a esa convocatoria, escuchar otras voces y analizar posibles alternativas económicas para enfrentar, no sólo a los buitres de afuera, sino también a los de adentro. Porque la única deuda soberana a pagar es con el Pueblo Argentino.

Marechal decía: “del laberinto se sale por arriba”, hay que optar en bien de todos y saber que lo que sembramos recogemos. El pueblo no puede dejarse someter por los engaña pichanga.

Adolfo Pérez Esquivel

Premio Nobel de la Paz

La Dette Extérieure et la « tromperie organisée »

Quand j’étais enfant, nous faisions un ballon avec du papier journal et de vieux chiffons et nous l’enveloppions avec de la ficelle pour qu’il résiste mieux aux coups de pied. Nous nous amusions aussi à bien d’autres jeux parmi lesquels il y en avait un que nous appelions « la tromperie organisée ».

Quand quelqu’un disait  quelque chose que nous pouvions mettre en doute ou quand nous découvrions qu’il nous mentait, nous lui disions que c’était une « tromperie organisée » (car nous ne voulions pas nous faire avoir). Quand nous découvrions le mensonge, nous recevions un bonbon et, quand on ne le découvrait pas, nous devions payer un gage.

Pour le problème de la dette extérieure, c’est un jeu assez semblable à celui-ci auquel jouent des personnes de l’extérieur et  de l’intérieur du pays que nous appelons « vautours » et où l’arbitre essaye de mettre le pays en échec et mat alors que les peuples concernés sont considérés comme de simples spectateurs.

Le jeu de la « tromperie organisée » n’est pas nouveau dans le monde de la finance et de la spéculation. Il s’agit de déplacer les pièces du jeu en faisant croire aux pays appauvris qu’ils sont les débiteurs des pays riches et que les peuples doivent payer cette dette extérieure et éternelle sous peine de se retrouver en défaut de paiement, de subir des embargos et toute une batterie de sanctions.

Notre gouvernement se trouve encerclé dans ce jeu de la tromperie organisée. Comme il se rend compte qu’aucun juge des Etats-Unis n’émettra un état de faillite judiciaire en faveur de l’Argentine, il ouvre le parapluie et dit comme tout le monde qu’il faut « honorer la dette souveraine ».

Pardonnez mon ignorance mais à quelle notion se réfèrent-ils quand ils affirment qu’il faut honorer la « dette souveraine » : Pourquoi le pays devrait-il payer en même temps ce qui est légitime et ce qui est illégitime dans cette dette sans rechercher ce qui est immoral, injuste et taché avec le sang du peuple ? Pourquoi payer une dette qui a déjà été payée plusieurs fois ? Qu’ont fait les gouvernements démocratiques quand ils ont cédé la souveraineté nationale à des tribunaux étrangers et que faire pour éviter ainsi cette tromperie ?…

Cela fait plus de 30 ans qu’avec des organisations sociales et des personnalités, nous proposons de faire un audit sur la dette. Il est nécessaire de nous référer à Alejandro Olmos qui a porté pour la première fois un jugement sur la dette extérieure et au Juge Ballestero qui, voici 18 ans, a envoyé sa résolution du problème au Congrès National pour qu’il recherche les dommages causés dans le pays par ce paiement. Depuis 14 ans, tout cela dort dans le sommeil des complicités et reste enfermé dans un placard du Congrès.

La tragédie, c’est que les gouvernements des pays endettés se sont transformés en fidèles croyants du Dieu Moloch auquel ils rendent un culte dans leurs temples en installant le rituel du paiement de la dette éternelle avec pour objectif d’être plus tard bénéficiaires d’un paradis fiscal  et de pouvoir un jour bénéficier de nouveaux crédits pour payer les intérêts de cette dette extérieure et s’assurer ainsi qu’elle continue à croitre  pour pouvoir continuer à la payer afin de recevoir un jour les indulgences du capitalisme qui réclame de plus en plus de sacrifices.

Dans leur angoisse existentielle et comme des croyants fidèles, les gouvernants, les ministres, tous les hommes politiques et les entrepreneurs prient, gesticulent, déchirent leurs vêtements et font des discours en annonçant que le pays est disposé à payer la « dette souveraine » malgré la faim de leur peuple. Dans la réalité, les conséquences de cette situation sont : la faim dans le peuple, la mortalité infantile, l’inflation qui dévore tout sur son passage en provoquant une plus grande pauvreté, le manque de ressources pour la santé et l’éducation et l’augmentation de la violence sociale et structurelle qui rend les inégalités plus criantes.

Le peuple sait très bien que le paradis promis n’existe pas sauf pour les riches. Ils nous ont vendu la tromperie organisée, comme l’a fait le Club de Paris dont le sport favori est de jouer au saccage des pays appauvris.

Alors que le gouvernement est disposé à négocier l’inacceptable, certains dans l’opposition politique et économique, pensent qu’il faut tout payer sans discuter. Ce sont les croyants fidèles soumis au jeu de la tromperie organisée qui espèrent que le Juge Griesa et les vautours vont pouvoir faire échec et mat sur le dos du pays. Il ne faut pas oublier ce qui est arrivé au Ghana à la Frégate Libertad, le bateau école argentin, qu’ils ont presque envoyé par le fond avec l’embargo ; c’est là un exemple assez récent de ce qui risque d’arriver à la nation elle-même.

Pour cela, nous devons assumer les défis et ne pas accepter de demeurer simples spectateurs devant cette situation. Nous devons aussi réclamer le paiement de la dette intérieure.

Les peuples ont une grande capacité de résistance ; ils doivent être protagonistes et constructeurs de leur propre histoire et lutter pour devenir libres et souverains. Nous devons convoquer tous les secteurs sociaux du pays, sans discriminations idéologiques et politiques et réunir des forums dans tout le pays, dans chaque communauté, dans les syndicats, les églises, les universités et les mouvements étudiants, et dans les organisations sociales, culturelles et politiques, pour analyser la situation et créer de nouvelles initiatives face au labyrinthe dans lequel s’est fourvoyé le pouvoir et dont il ne sait comment sortir.

Il est nécessaire de mettre en place un audit de la dette extérieure et de convoquer une consultation populaire et le gouvernement devra alors se soumettre à cette consultation, écouter d’autres voix et analyser de possibles alternatives économiques pour affronter non seulement les vautours de l’extérieur mais aussi ceux de l’intérieur du pays. Car, l’unique dette souveraine à payer doit être définie avec le Peuple Argentin.

Un Argentin célèbre disait : « D’un labyrinthe, on ne peut sortir que par le haut », il faut choisir pour le bien de tous et savoir que nous récolterons ce que nous aurons semé. Le peuple doit arrêter de se soumettre à la tromperie organisée.

Adolfo Pérez Esquivel

Prix Nobel de la Paix.

Trad. Francis Gely

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